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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Par Guitel Ben-Ishay
En 2001, un groupe d'investisseurs français décide de créer une cave à vins à Hevron. Cette cave est gérée, actuellement, par Michel Murciano. Nous l'avons interrogé. Il nous a expliqué la particularité de ce lieu et du vin qui y est produit.
Le P'tit Hebdo : Pourquoi avez-vous choisi Hevron ?
Michel Murciano : Nous étions un groupe d'investisseurs français religieux, attachés à la ville de Hevron. Il nous paraissait important de réaliser un grand projet dans ce lieu, précisément. Il est un symbole, le berceau de notre peuple. Selon certains commentateurs, c'est même par Hevron que commencera la gueoula.
Lph : La terre y est-elle particulièrement bonne pour la vigne ?
M.M : Hevron est clairement un lieu privilégié pour la culture du raisin. Celle-ci y a été exploitée sans interruption depuis 7000 ans. De Jérusalem jusqu'au sud de la ville, se trouve une étendue de vignes.
Les conditions à Hevron sont excellentes pour la vigne. Tout d'abord, l'altitude. Nous sommes à 1000 mètres d'altitude et les terres sont plus riches et plus profondes. Ensuite, nous bénéficions d'un climat idéal puisque nous ressentons d'une part l'influence du désert et d'autre part celle de la mer. Ce mélange d'air chaud et de fraicheur est exceptionnel pour cultiver la vigne.
Lph : Tout le raisin que vous utilisez vient-il de Hevron ?
M.M : Pour des raisons politiques nous ne pouvons exploiter que de toutes petites parcelles de vigne à Hevron même. Notre cave exploite uniquement des raisins de la région de Judée, dans un périmètre de 50 kilomètres autour de Hevron.
Nous proposons le terroir de Judée et de Hevron en particulier.
Lph : Votre vin a-t-il été récompensé ?
M.M : Nous avons obtenu de nombreux prix et de nombreuses médailles. Notre vin a même été déclaré meilleur vin d'Israël parmi 40 vins, lors d'une dégustation organisée à Londres. Nous recevons des récompenses du monde entier.
Lph : Exportez-vous beaucoup de bouteilles ?
M.M : Effectivement, 60% de notre production part à l'exportation.
Lph : Rencontrez-vous des problèmes politiques lorsque vous exportez ?
M.M : Nous avons subi de plein fouet les mesures du boycott contre les produits de Judée-Samarie. Le pays vers lequel nous exportons le plus est les États-Unis puisque là-bas le boycott n'existe pas. En ce qui concerne la France, c'est plus difficile... Mais dans l'ensemble notre vin estampillé Hevron passe sans trop de difficultés.
Mises à part les règles douanières, nous nous heurtons à des associations qui nous menacent et nous demandent de quitter Hevron.
Mais nous continuons car nous pensons que cette ville doit être consolidée et développée. Cette mission s'inscrit dans la continuité du rêve d'Eretz Israël.