Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Qui connaît David Ouaki dans le privé - garçon emprunté, à la gentillesse légendaire - est immanquablement sidéré lorsque s'ouvre le rideau sur son spectacle. Car dès qu'il pose le pied sur scène, David se mue en Ouaks, « standupist » surdoué, capable de déclencher à la chaîne fous-rires et clameurs admiratives une heure durant.
Normal : Ouaks a l'étoffe des grands. C'est un artiste complet. Un humoriste subtil qui cumule un jeu de scène maîtrisé et une écriture racée. Son dernier spectacle, axé sur sa récente paternité, compile de savoureuses tranches de vie dont il vaut mieux rire que pleurer : les humeurs en montagnes russes de la future maman, la dépression post-natale, les nuits sans sommeil ou encore l'inévitable corvée du jardin public le shabbat après-midi (bon ben je te laisse avec tes copines ma chérie, je vais faire minha…). 
Son principal talent réside assurément dans l'imitation. L'hommage à Raymond Devos est une merveille du genre.
Mais Ouaks c'est aussi des mimiques et une gestuelle irrésistibles. La démarche de la femme enceinte, calquée sur celle du sumo japonais, est en passe de devenir un classique. Idem pour l'arrière-grand-mère juive le jour de la brit mila. Ouaks singe aussi à la perfection la sage-femme martiniquaise, le dromadaire en pleine mastication ou le joueur de Wii.
Ouaks fascine par son sens aigu de l'observation de ses semblables. Une caricature d'autant plus jouissive qu'elle nous touche directement, nous autres Israéliens de fraîche date, souvent proches de la tradition mais aussi pétris de culture française. Personnages à l'identité complexe, à la fois soucieux de mener une vie de famille exemplaire sans pour autant renoncer à « kiffer ».
Last but not least, Ouaks administre magistralement la preuve qu'on peut faire rire sans vulgarité ni médisance. So french-israelish !
Stéphane Elkaïm