Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Quand on vit à l’oulpan Etzion, en plein Armon Hanatsiv, on apprend rapidement à nouer une amitié troublante avec le bus qui nous amène en centre ville.
On reste une demi-heure à attendre le 8, et quand on l’aperçoit s’engager sur la montée pour venir nous chercher, quel bonheur !
Toutefois, ce soulagement n’est que de courte durée. Et pour cause !
On a le choix entre se ruer sur un siège avant qu’il ne démarre, ou bien se retrouver projeté en avant : la conduite est ce qu’on appelle « moyenne-orientale ».
Beaucoup de créneaux, de sang chaud, et de noms d’oiseaux lancés aux carrefours.
Le chauffeur fait des p’tits trous dans les tickets, et soudain 1958 redevient très actuel : on pourrait se trouver Porte des Lilas en compagnie du poinçonneur de Gainsbourg.
Si on ne sait pas exactement à quelle station descendre, il suffit de demander au chauffeur, de s’installer juste derrière lui, et de passer pour un Ole 'hadash quelque peu collant qui ne connaît pas son chemin.
Après une petite balade sur Ben Yehouda ou au shouk, c’est en attendant le bus du retour que ça devient intéressant.
Des Israéliens sont regroupés devant les stations des lignes 7, 18, 21,… à épier du regard le numéro qui arrive, sacs de courses au bout des bras, écouteurs vissés aux oreilles, portables à la main ou bourrekas en bouche pour faire patienter.
Les employés d’Egged en uniforme bleu gèrent l’arrivée des bus et balaient d’un revers de main ou d’un « zouz ! » les taxis qui cherchent leurs clients aux abords des stations, dans un balagan bien local.
À côté de moi, une vieille dame assise sur le banc annonce à son mari le numéro de chaque bus comme elle commenterait les chiffres du Loto.
Finalement le bus arrive, chacun monte, et on est tous dans le même bateau.