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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
La Matsa Ashira
Il existe trois sortes de farine : 1) la farine normale, qui a été humidifiée avant d’être moulue et qui est donc Hamets ; 2) la farine de matsa qui est faite à base de matsot moulues et qui ne peut pas devenir Hamets ; 3) la farine pour matsot, qui est de la farine normale mais qui n’a pas été humidifiée avant d’être moulue. Cette dernière est utilisée pour la
fabrication des matsot et peut devenir Hamets facilement.
On utilise cette dernière pour la fabrication de matsot en 18 minutes, depuis le moment où l’on ajoute de l’eau afin qu’elle n’ait pas le temps de lever. On utilise également cette farine pour la fabrication des « Matsot Ashirot » : c’est la raison pour laquelle, il est aussi problématique de l’utiliser du fait qu’elle peut « lever » très facilement, au contact de l’eau. Aussi, on se sert de jus de fruits qui ne font pas lever la pâte.
Divergence entre les différents décisionnaires
Les séfarades agissent selon l’opinion du Choulhan Arouh qui permet de manger la « Matsa Ashira » et les ashkénazes, quant à eux, l’interdisent. Certains décisionnaires séfarades ont également tranché contre cette opinion. Le Kaf Ahaïm écrit que celui qui a la crainte de D. , évitera de manger ces nourritures à base de jus de fruits.
Ajouter de l’eau aux matières premières
Maïmonide écrit que les jus de fruits sont comme le vin, le lait, le miel, l’huile d’olive, les jus de pomme, de grenade et tout ce qui y ressemble. Il est interdit de mélanger ces liquides avec de l’eau, auquel cas, ils feraient lever la pâte.
Au sujet du mélange d’eau aux matières premières de la « Matsa Ashira » de nos jours, il y a un problème non négligeable. A la suite d’une enquête du Rabbinat sur les usines fournissant les œufs pour ces matsot, il s’avère que de l’eau est introduite avec les œufs. De plus, ils ne rajoutent pas d’eau au vin mais tout le mécanisme est rincé avec de l’eau sans être séché par la suite. Il y a donc une grande quantité d’eau dans le vin qui est fourni à l’usine qui fabrique ces matsot.
Mon père et maître, le Rav (z’atsal), enseigne qu’à Pessah, on agit avec rigueur sur des choses qui sont loin d’être Hamets mais pour lesquelles il y a un doute, de peur qu’il y ait une miette de pain dans la maison ou dans la nourriture; bien que selon certains décisionnaires, une miette est considérée insignifiante avant Pessah. Selon certains des premiers décisionnaires, la « Matsa Ashira » est Hamets. Alors, peut-on agir avec souplesse ?
Les gâteaux de Pessah
Les gâteaux faits à base de farine de matsa
La farine de matsa ne lève pas et ne peut devenir Hamets. Les beignets de farine de matsa frits ou les boulettes de « kneidlers », ne peuvent pas lever, même si on y ajoute de l’eau chaude.
Les gâteaux faits avec de la farine de matsa sont considérés comme « chrouya »- trempé : tous les séfarades et la majorité des ashkénazes n’agissent pas avec rigueur et consomment la matsa trempée.
Sur une matsa qui n’est pas à base de céréales, on récitera la bénédiction « chéakol » et, « boré néfashot », après sa consommation.
Farine de riz ou fécule de pomme de terre mélangée avec de la farine de matsa : sur de la farine de riz, poudre de coco et des œufs - on récitera la bénédiction « mézonot ». Si on met une très petite quantité de farine de matsa pour « coller » la pâte, la bénédiction sera « chéakol ». S’il y a la moitié de farine de matsa et moitié de fécule de pomme de terre ou de farine de riz, et s’il a mangé un « kézait » de ce gâteau, il faudra réciter la bénédiction « al améhia ».
Extrait d’un cours du Rav Shmouel Eliahou (chlita)