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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Par Avraham Azoulay
Le P'tit Hebdo a décidé d'être le partenaire privilégié d'un projet unique en son genre. Du 11 au 24 juillet 2011, un voyage d'études en Israël « sur les traces de l'alliance universelle des Bnei Noah » est organisé. Les « Bnei Noah » ou « guer tochav », ces membres des Nations fidèles au peuple juif et aux sept lois Noahides ont disparu avec le Second Temple. Or, actuellement, de plus en plus de non-Juifs reconnaissent Israël et sa Torah. C'est ce constat qui est à l'origine de cette entreprise initiée par Léo Guez, responsable de la librairie juive Sephria à Nice. Le Rav Oury Cherky, le Rav Mordékhaï Chriqui ou le professeur Benjamin Gross et Yoël Benharrouche sont quelques-uns des grands noms qui sont associés à ce projet. Pour Le P'tit Hebdo, il paraissait important de faire connaître ce sujet sur lequel nous sommes très ignorants et qui est porté par des personnalités importantes de notre communauté.
Lph : Vous venez en Israël avec un projet de voyage d’étude sur l’enseignement universel de la Torah. Qu’est-ce qui vous a amené à ce projet?
Léo Guez : J’ai toujours été inspiré par l’universel. Avant mon retour à la Torah, il n’était pas question pour moi de me retrancher dans une identité singulière au risque de me couper de l’autre. 
Il y a trente ans, ma rencontre avec Manitou Zal a produit chez moi un véritable retournement identitaire. Non seulement pour la première fois je me reconnaissais en tant que Juif, mais en plus je découvrais la véritable vocation universelle de la Torah.
L’enseignement du retour à soi - «un peuple, une terre, une tradition» - était toujours accompagné du sens à donner à ce retour, un sens à double entrée. Redevenir soi-même, avec tout ce que cela implique, mais aussi découvrir que cette démarche n’était pas que pour soi-même. Le soi-disant "particularisme" d'Israël et l'universalisme sont inextricablement noués. Comme le dit Hillel Hazaken, « si ce n’est que pour moi, que suis-je?»
Ensuite, avec l’ouverture de l’Espace Sephria à Nice, j’ai constaté une forte progression d’une clientèle non-juive, tant au niveau de l’achat des livres que de l’intérêt pour les cours que nous dispensions. Et pour conclure, ma rencontre avec le Rav Oury Cherki qui avait un projet pour l’officialisation du statut des Bné-Noah a été décisive.
Lph : Une trentaine de français (dont 20 Niçois) pour la plupart non-juifs, viennent du 11 au 25 Juillet 2011, en Israël pour un voyage sur les traces de l'alliance universelle inscrite dans la Torah. Qu’entendez-vous par Torah universelle?
L.G : Si nous prétendons avoir reçu la Torah du D.ieu Un, Créateur du monde, il est inconcevable qu’il ne s’adresse qu’au peuple juif.
Les textes sont très clairs là-dessus. Il nous faut découvrir ce patrimoine décrit tout au long de la Torah et développé dans la littérature rabbinique sous les termes « du Pacte de Bnei Noah » ou de «Noahides». C’est l’alliance que D.ieu a donnée à l’humanité après le déluge et avant l’événement de la Tour de Babel. Ce rapport singulier s’est poursuivi pendant de nombreux siècles pour des femmes et des hommes qui vivaient autour du pays d’Israël, le guer tochav, attachés au monothéisme, sans pour autant se convertir au judaïsme, et ce, jusqu’à la destruction du second Temple. Cette tradition fut également à l’origine de la communauté des esséniens. Nous en retrouvons des traces dans presque toutes les religions.
Lph : Quel est le but d’un tel voyage?
L.G : Viendra un jour, «bayom ha hou », où nous ne nous poserons plus cette question, le retour des nations est inscrit dans nos textes. Nous sommes dans les prémices de ce retour, à nous d’y répondre positivement. Des milliers de personnes de par le monde sont actuellement sensibilisées par cet enseignement biblique et nous reconnaissent comme détenteurs de cette sagesse première. Cette initiative n’est pas isolée, des groupes se constituent un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis, au Canada, en Europe…. Il existe aujourd’hui une communauté qui vit en Israël sous le statut de Bnéi Noah..
Lph : Viennent-ils pour se convertir?
L.G : Non, ni au judaïsme ni à une religion nouvelle. Il ne s’agit pas, comme pour certaines religions universalistes, d’un prosélytisme religieux qui proposerait une religion unique pour tous les peuples, ce qui serait totalement contraire au principe d’Unité. L’Unité n’est pas l’uniformité. L’Unité intègre la multiplicité des peuples dans le respect de leur singularité. Et c’est en cela que ce projet a toute son originalité : se rapprocher, partager, étudier le texte de nos origines tout en gardant l'originalité de chacun.
Nous ne voulons pas non plus reproduire les schémas des rencontres inter religieuses qui n’aboutissent, dans le meilleur des cas, qu’à une tolérance de l’autre. Il s’agit ici de retrouver la tradition première, qui a été à l’origine de ce qui anime tous les croyants du monde au monothéisme.
Lph : Cela peut-il servir à la Hasbara?
L.G : Au départ, la démarche commence par la reconnaissance de la Torah d’Israël, et du peuple choisi par D.ieu pour la recevoir. A travers l’étude des textes, le retour du peuple juif sur sa terre et la reconstruction du Temple s’imposent à eux dans la vision messianique du retour des Nations vers le D.ieu d’Israël.
C’est en cela que cette démarche peut servir à la Hasbara. Lutter contre nos ennemis et se battre contre la désinformation c’est une chose. Développer nos relations avec ceux qui nous reconnaissent c’est une autre démarche à suivre pour la Hasbara. Manitou disait que si les nations du monde connaissaient le véritable rôle d’Israël, ce sont elles qui défendraient nos frontières.
Lph : A qui s’adresse ce voyage?
L.G : Les hommes et les femmes juifs ou non-juifs qui se sentent interpellés par cet enseignement de la Torah légué à l’humanité, peuvent rejoindre le groupe pour tout ou partie de ce voyage d’étude.
Lph : Vous proposez un itinéraire, en 3 parties, est-ce stratégique?
L.G : L’itinéraire est construit pour proposer aux participants des espaces d’expériences à vivre avec une progression de type initiatique biblique:
- Nous commençons par 4 jours de dépouillement et de ressourcement aux frontières des déserts du Néguev et de Judée en passant par l’oasis d’Ein Guedi. Repartir du point initial avec l’enseignement des patriarches. Faire un travail sur soi pour donner sens à sa recherche.
- 5 jours à Jérusalem pour un séminaire avec deux soirées de symposium en collaboration avec le Rav Oury Cherki de l’association Noahide World Center, le Rav Mordékhaï Chriqui du Bait Ramhal, le Rav Rosenfeld de l’Institut du Temple, le Dr Gilles Abraham Morali du centre Yaïr, le professeur Benjamin Gross, Yoël Benharrouche, Rav Yoël Schwarz,, Shmuel Trigano…
- Nous terminerons par les hauteurs de la spiritualité, 4 jours en Galilée : avec un chabbat à Safed, avec le Rav Chriqui de l’Institut Ramhal de Jérusalem
Lph : Pourquoi un Symposium et à qui s’adresse-t-il ?
L.G : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce symposium s’adresse principalement au public juif. L’objectif ici est de reconnaitre que notre « élection » est avant tout centrée sur la retransmission de cet enseignement universel aux nations du monde. Nous savons que l’alliance faite avec Abraham, bien que singulière, a comme vocation la réalisation du projet initial, l'Homme. Comme il est dit : « Et par toi seront heureuses toutes les races de la terre »
De lui naîtra le peuple hébreu, un peuple «à part», microcosme de l’humanité, peuple témoin de l’unité et de la présence divine dans le monde.
L’objet de la vocation du peuple d’Israël devient alors de retransmettre cet enseignement aux peuples du monde comme il est dit:
- «Israël est à la disposition de D.ieu dans le but de la transmission des lois universelles» (Rachi exode 19, 5)
- Israël se constitue réceptacle dans lequel le créateur déverse sa bénédiction pour qu'il la distribue à son tour aux nations. (Isaï 40,10/Proverbe 3,44 / Sam 17,14 /Amos7, 2)
- Israël est le peuple de D. Il le sera davantage lorsque les autres peuples reviendront à D.ieu (Zach. 2,16 IS 56,67)
- Israël royaume de prêtres (Ex. 19,21). Il le sera plus encore quand tous les peuples seront également prêtres (Is. 61,69 / 66,21).
Lph : Qu’attendez-vous du public francophone?
L.G : Qu’il nous rejoigne nombreux pour cette première.
Ce voyage pourrait avoir des retombées très importantes, d’autant qu’il répond à l’espérance trois fois millénaire de paix entre tous les peuples, annoncée dans la Bible. En effet, dans ces temps de division et de confrontation des idéaux religieux, " nous savons ce qui nous divise, partons à la recherche de ce qui nous rassemble". Nous devons être préparés à ce retour des nations et savoir quoi leur répondre. Plusieurs rencontres ont déjà été organisées en Israël avec des représentants officiels du rabbinat d’Israël. Revenir aux sources de cette tradition universelle à partir de l’alliance des fils de Noé nous offre un enseignement à connaître absolument pour contribuer à l’établissement d’une paix véritable entre tous les hommes de la Terre.
Lph : Vous organisez deux chabbatoth un les 15 et 16 juillet au King Salomon, un deuxième à Sfat du 22 au 23 juillet. Ces chabbatoth sont ouverts aux francophones israéliens ?
L.G : En effet, c’est à mon sens l’occasion d’étudier les lois universelles. En plus nous avons la chance d’être accompagnés par deux rabbanim de qualité en la personne du Rav Cherki pour Jérusalem et du Rav Chriqui pour Sfat. Nous aurons l'occasion de vous donner le programme détaillé de leurs interventions.
Pour en savoir plus:
http://bnei-noah.blogspot.com/
Informations complémentaires et inscriptions :
En France, Espace Sephria – Tel : 00334 93 512 704 ou Léo: 00336 16 72 17 00
En Israël, notre correspondante Chochana Behar : 0523 82 86 65