Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
בס"ד
« Chéla'h »
Rav Dov Bigon
L'unité et l'exercice effectif de notre domination sur Eretz-Israël, -
c’est par le retour aux sources qu'ils s'effectueront
Deux fois par jour, à la lecture du « Chéma » nous proclamons : « Apprends à tes enfants à en parler (de la Torah), quand tu es chez toi, quand tu voyages, en te couchant et en te levant… [Si vous agissez ainsi,] vous vous maintiendrez longtemps, vous et vos enfants, sur le pays que Dieu a juré à vos ancêtres, [promettant qu'] Il le leur donnerait, aussi longtemps que les cieux seront au-dessus de la terre » (Deut. XI, 19).
Il y a une étroite relation entre l'Etude et notre maintien sur notre terre, ainsi que l'explique Rachi : « Si vous agissez de la sorte (étudier la Torah avec ferveur), vous vous y maintiendrez longtemps ; sinon, non » (Rachi ad loc.). Dans le même esprit, Na'hmanide prescrit qu'on doit apprendre à nos enfants à en parler constamment, de manière à ce qu'ils la connaissent et la comprennent.
Par l'Etude en profondeur, nos Sages ont compris le lien qui unit notre peuple à sa terre et, malgré les difficultés et les dangers, nombreux sont ceux qui sont venus s'y installer à toutes les générations : Rabbi Yéhouda Halévi, Maïmonide, le Ari, les éminents Cabalistes de l'Ecole de Safed, Yossef Caro, auteur du « Choul'hane 'Aroukh », Rabbi 'Haïm Ben-'Atar, auteur du « Or Ha'haïm », les élèves du Ba'al Chem Tov, ceux du Ga'on de Vilna et d’autres Maîtres éminents.
Ceci étant : C'est un fait, plus on étudie la Torah, la Cabala, en particulier, plus on vivifie sa relation à Eretz-Israël, et, hélas, lorsqu'on délaisse l'Etude et qu'on se coupe des ses racines juives, c’est l’inverse qui se produit. Le combat pour se maintenir en Eretz-Israël ne doit pas seulement se situer au niveau politique mais aussi, et principalement, au niveau de l'éducation et de la culture. Par-là, comme ci-dessus mentionné, et il s'agit d'un serment contracté entre Dieu, nos ancêtres et leurs descendants, nous nous maintiendrons sur notre terre sans que personne n'ose nous la contester. Bien plus, l'Etude et le retour aux sources refont l'unité au sein de la société israélienne ; ou, pour prendre une parabole, l'arbre puise son unité par ses racines et non pas par son feuillage.
Avec amour et foi, on doit renforcer et unifier les forces qui œuvrent à cette fin. Ce faisant, avec assurance, nous pourrons poursuivre notre route et voir qu'effectivement, « Personne ne pourra se tenir devant nous. L'Eternel notre Dieu répandra notre crainte et notre terreur sur tous les lieux que nous parcourons comme Il nous l'a promis » (Deut. II, 25).
Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.
Rav Shlomo Aviner
Un « raté » ou un « sage » ?
Je suis un incapable ! Je ne parle pas de réussir intellectuellement ou professionnellement, j'y ai renoncé depuis longtemps. Je parle de réussir dans l'étude de la Torah, la pratique des « mitsvot », la prière et la correction de mes défauts, je fais du sur-place.
Lorsque qu'en pensée je reviens dix ans en arrière, je vois que je n'ai pas bougé d'un pouce ! Pourtant, je fais tellement d'efforts ! Les autres réussissent si facilement ! Pourquoi Dieu a-t-Il fait de moi un « raté » ?! Je suis bourré de complexes ! J'en deviens envieux ! Ce n'est pas beau, je le sais, mais que faire ? Ce n'est pas juste ! Constamment, je me vois dans l'ombre et les autres, je les vois dans la pleine lumière. Eux, ils vont de l'avant avec joie et assurance. Tout leur est ouvert ?! Moi, je dérape et m'empêtre dans mille difficultés.
Voilà l'état d'esprit qui m'habitait durant de nombreuses années. Je passais mon temps à me comparer aux autres et me considérais toujours comme l'éternel perdant, jusqu'à ce que je reçus du ciel le trait de génie qui a changé ma vie : cesser de me comparer aux autres, me mettre à me comparer à moi-même. Dès lors, ma vie est devenue un paradis terrestre. Certes, mes « talents » n'ont guère évolué mais peut-être ai-je plus de mérite que les autres. Pour l'Eternel, ce qui compte, c'est l'effort (M. B. sur Ch. 'A. Or. 'H. 1, §12). A présent, je suis heureux de mon sort (inspiré de Maxime des Pères 4, §1), « sort » matériel et spirituel. A présent, je comprends que l'Eternel ne juge pas en termes de productivité mais d'efforts. « La récompense c'est par l'effort qu'on la reçoit (Ibid. 5, fin). Peu importe si mes amis réussissent mieux que moi. « Qu'untel fasse beaucoup, que tel autre fasse peu, (cela n'a pas la moindre importance) pourvu qu'on ait à l'esprit (de faire) la Volonté de l'Eternel » (Traité Bérakhot 17 a). Voilà sur quoi je mets tous mes efforts et tout mon zèle, qu'il s'agisse d'une « mitsva importante » ou non, car Dieu n'a pas dévoilé la récompense inhérente à l'accomplissement de chacune d'elles (d'après ibid. 2 début), la récompense dépendant du « zèle » mis à son accomplissement (d'après ibid.).
Non, je ne suis plus jaloux de personne. Je m'accepte comme je suis puisque Dieu m'a fait ainsi. « On n'empiète en rien, absolument en rien, sur ce qui est réservé à autrui » (traité Yoma 31), l'Eternel ayant assigné à chacun son domaine propre (cf. Sentier de Rectitude 11 sur Nom. I, 52, relativement à la jalousie). Je le reconnais, je suis « relégué dans des régions ténébreuses » (Lam. III, 6 et passim) et, pour moi, tout est bien plus difficile. Mais, aux yeux de l'Eternel, le peu dont je suis capable a une valeur inestimable. Pour moi, chaque point de lumière a bien plus de valeur que celle dont jouissent mes amis. Avoir été si longtemps éloigné de Dieu ! A présent, je sens que je m'unis à Lui. Certes, mon sens émotionnel est bien terne si je le compare à celui de mes amis, mais cela aussi est à mettre à mon actif car ainsi je peux pratiquer le culte dû à l'Eternel de façon totalement désintéressée, au Nom de l'Eternel exclusivement.
(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)