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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012

Question :
Nous hésitons quant à l’utilisation de la force physique envers nos enfants. Parfois un enfant est insolent envers nous – ses parents- ou –sans raison- se comporte mal envers son frère. Sur le coup nous voudrions le gifler mais nous nous ressaisissons car nous entendons et lisons que nous devons nous contrôler et ne pas frapper. Quelle est la bonne attitude ?
Réponse :
Afin de répondre à votre question, il y a lieu d’élargir un petit peu le sujet concernant « la récompense et la punition » d’une manière générale. Dans la Torah nous trouvons le fondement de la récompense, dans les chapitres de la réprimande et dans la deuxième paracha du Chéma (''si vous écoutez (...)''). On le retrouve aussi dans divers évènements répandus dans la Torah en ce qui concerne les punitions méritées par les transgresseurs. L’un des articles de foi de Maïmonide est consacré à la EMOUNA dans la récompense et la punition. Cependant il s’agit de savoir que la punition dans la Torah est une punition naturelle qui n’est issue d'aucun autre élément extérieur.
Essayons de comprendre ceci par une métaphore : le médecin fait prendre conscience à son patient de ce qu’il doit faire ou ne pas faire compte-tenu de son état de santé. S'il suit ces conseils, sa récompense sera le rétablissement. La santé n'est pas "la récompense" du bon comportement du patient mais c’est le résultat naturel de l’observation très stricte des indications données par son médecin.
C’est ainsi également que la récompense ou la punition dans la Torah sont les résultats naturels d’un comportement conforme à la halakha ou son contraire.
Cependant, il y a deux sortes de punition éducative à la maison ou dans la famille :
- La punition naturelle : par exemple quand la maman demande aux enfants de faire la vaisselle et qu'ils ne la font pas – elle n’aura pas de marmite pour cuisiner – par conséquent il n’y aura pas de bon repas.
- La punition en tant que châtiment, qui demande beaucoup de prudence: en général, les enfants suscitent chez l’un ou l’autre des parents de la colère et ce dernier réagit par des cris et même des coups. Cette attitude est perçue par l’enfant comme un abus de pouvoir car l’enfant l’interprète: « sache que moi – parent – j’ai plus de force que toi, et si tu te comportes ainsi j’agirai avec toi brutalement et je t’obligerai à te comporter autrement ».
Cette façon d’agir est très mauvaise. Elle place le parent dans un rapport de force avec l’enfant. Dès lors on ne sera pas surpris que celui-ci rende la monnaie de la pièce plus tard. Lorsqu’il aura acquis une force physique suffisante il l’utilisera contre ses parents.
Nos sages nous ont mis en garde sur la négativité de telles attitudes dans la halakha :
« Celui qui frappe son fils adolescent doit être banni car il contrevient à la mistzvah – ''devant un aveugle tu ne mettras pas d’obstacle'' »(Yore Deah 240/20). Nous apprenons de là que frapper un enfant jeune est permis- ceci est même explicite dans le verset: « ménager les coups de bâton c'est haïr son enfant mais avoir soin de le corriger c'est l'aimer »(Proverbes 13/24). De quel coup s'agit-il ? Nous apprenons également des décisionnaires : « rien qu’avec une petite ceinture » (Yore Deah 245/10). Le rôle des coups est de mettre des limites à l’enfant, lui fixer la ligne à partir de laquelle il ne lui est plus permis d’agir.
On ne frappe que rarement, non sous la colère ou la haine, mais pour lui apprendre: "sache que je ne te frappe pas par haine, mais parce que je t'aime beaucoup. C'est mon devoir de père de te mettre sur le droit chemin".
J’ai entendu de mon beau-père , le Rav Bornstein זצ''ל qui racontait à propos de l’un de ses rabbanim quand il était adolescent, que quand il trouvait un élève qui se comportait mal, il lui donnait une claque puis l’étreignait, pour lui transmettre l’idée que tout est basé sur l’amour. J’ai eu également le mérite d’entendre de mon père – mon maître זצ''ל qui a étudié durant son enfance au Heder Talmud Torah «Etz Haïm » à Jérusalem, que les enseignants y avaient coutume de frapper avec force les élèves qui se comportaient mal ; mais l’un des enseignants Rabbi Arié Lewin זצ''ל avait coutume de prendre l’enfant pour lui faire la morale tout en lui tenant sa main entre les siennes chaleureuses. Bien entendu après un laps de temps l’enfant commençait à pleurer à cause de la peine qu’il avait causée à Rabbi Arié par son attitude. A la fin il lui donnait 3 petits coups sur le dos de sa main, afin d’être quitte de son devoir de « frapper » et le libérait affectueusement.
Chacun peut imaginer quel enseignant avait le plus de réussite.