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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Nous prenons le deuil pour l’assassinat de tsadikim. Aussi, le jour de l’assassinat de Guédalya ben Ahikam a été fixé comme un jour de jeûne. Il commémore aussi la destruction de Jérusalem. La mort des tsadikim a la même importance que la destruction du Temple. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un meurtre et non d’une mort naturelle, lorsque l’on tue dans la maison de D… un homme Kadoch.
La responsabilité collective du meurtre
Nos Sages nous enseignent que si l’on ne connaît pas l’identité de la personne qui est tuée, les Anciens de la ville se réunissent, se lavent les mains et disent que leurs mains sont propres. Nos Sages posent la question : se peut-il que les Anciens de la ville aient tué cet homme ? Il est évident que l’on n’imagine pas que les Anciens aient pris un couteau et l’aient tué, mais il s’agit de la responsabilité collective de cette situation où un homme tue son prochain.
Les Anciens ne sont pas les seuls responsables de cette situation, mais toute la communauté l’est. « Kol Israël arévim zé lazé »- « Chaque membre du peuple d’Israël est responsable de son prochain ». Il est écrit dans la paracha Masséi que si un homme tue son prochain, il y a une grave accusation dans ce monde – « Vous ne souillerez point le pays où vous demeurez, car le sang est une souillure pour la terre. Et la terre où le sang a coulé ne peut être lavée de cette souillure que par le sang de celui qui l’a répandu. Ne déshonorez point le pays où vous habiterez, dans lequel Je résiderai, car moi-même, l'Eternel, je réside au milieu des enfants d’Israël. »
La mort d’un Tsadik peut être parfois plus grave que la destruction du Temple
Il est écrit dans Ekha rabbah : Pour D…, la disparition des tsadikim est plus difficile que la destruction du Temple. Pour quelle raison ? « La sagesse de ses Sages restera court, (…) l’intelligence de ses gens d’esprit se voilera. » (Isaïe 29,14)
Lorsque le Tsadik disparaît de ce monde, toute sa sainteté disparaît, sa Thora disparaît et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un Tsadik de la famille de Baba Salei, qui a continué sur ses traces, qui a donné des conseils à des milliers de personnes du peuple d’Israël.
Parfois, la mort du Tsadik expie et parfois elle est un mauvais signe
Il est écrit dans la Guémara Sanhédrin que lorsque le Tsadik disparaît, c’est un mauvais signe. Il est en effet précisé : « Le Tsadik périt et personne ne le prend à cœur. Les hommes de bien sont enlevés, et nul ne s’avise que c’est à cause de la perversité régnante. » (Isaïe 57). D’autre part, nous apprenons de la mort d’Aharon Hacohen, que la mort du Tsadik expie.
Est-ce que la mort des tsadikim expie les fautes ou est-elle plutôt un signe annonçant de mauvais présages (Que D… nous en préserve) ?
La réponse est dans notre réaction. Si le Tsadik périt et que personne ne le prend à cœur, alors (has véhalila) de mauvaises choses suivent cette mort, comme cela fut le cas après la mort de Mathusalem, qui fut suivie du déluge. Mais si nous réagissons comme après la mort de Rabbi Yéhouda Hanassi, qui fut suivie par de nombreuses oraisons funèbres et un renforcement spirituel du peuple d’Israël, cela est différent : toutes les personnes présentes à ces oraisons méritèrent le monde futur.
Le Rav (z’atsal) avait l’habitude de rappeler que de nombreux mauvais décrets furent effacés le jour de la disparition de Rabbi Shimon bar Yo’haï.
La réparation de ce terrible assassinat
Comment réparer la faute de cet assassinat ? Il faut corriger la cause de ce qui a pu entrainer un homme à agir de cette manière.
Accepter les reproches avec compassion. Il est difficile pour l’homme d’entendre des reproches. Au lieu de les écouter, il cherche les défauts de ce Rav ou de la personne qui lui fait des remontrances. Si quelqu’un fait une remontrance, il ne faut pas l’offenser, mais l’écouter, recevoir cette humiliation ; ce sera pour lui son expiation.
Faire honte à quelqu’un : Le second Temple fut détruit à cause de la haine gratuite et n’a pas encore été reconstruit. Cette haine peut amener à faire honte à quelqu’un en public ce qui est, comme le précisent nos Sages comparable à un meurtre. Bien que la personne humiliée continue à vivre, sa vie est triste et elle se sent offensée.
La colère peut entraîner un assassinat : Nous avons entendu à plusieurs reprises ces dernières années que des personnes qui s’étaient énervées pour des bêtises ont commis des meurtres. Combien de personnes ont-elles été tuées à cause d’une colère non justifiée ? Chacun de nous doit apprendre cela et d’autant plus celui qui a tendance à se mettre en colère facilement. Le Chlah hakadosh écrit qu’il faut réfléchir à tous les dégâts que la colère entraîne. Celui qui se met en colère soudainement peut en arriver à tuer.
Aussi, chacun doit réparer cette terrible faute en contrôlant ses colères, la haine gratuite et bien sûr en respectant le principe de ne pas faire honte à son prochain en public.
Extrait du dernier cours du Rav Shmouel Eliahou (chlita)