Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012

C'est ensemble que se dévoile la sainteté
(1)[1].
Certains prétextent qu'il leur est difficile de prier en public à la synagogue parce qu'ils ont du mal à se concentrer. Peut-être vaudrait-il mieux s'unir à l'Eternel en allant s'isoler hors de la ville, on serait alors plus apte à se concentrer dans la prière et, de tout évidence, serait-elle mieux agréée ?
Dans le Kouzari (2)< , Rabbi Yéhouda Halévi répond à cette perplexité : Prier en public, explique-t-il, a plusieurs avantages. Lorsqu'on prie seul, on risque d'avoir des demandes bonnes pour soi mais mauvaises pour autrui, ce qui ne n'est pas le cas lorsqu'on prie en public. De plus, il est rare qu'on puisse faire une prière en tout point parfaite. En revanche, en public, les manques des uns et les qualités des autres se compensent pour le bien de tous, si bien que la prière de chacun est de valeur car elle bénéficie du crédit de l'ensemble du public.
Par une allégorie, le Rav Elimélekh Bar-Shaoul a bien expliqué ce fait (3)[3]. "L'Eternel reçoit favorablement la prière en public, Sa couronne est bigarrée : toutes sortes de pierres précieuses y sont enchâssées, la sensibilité et l'intelligence offertes par chacun suivant sa singularité, qui un jaillissement d'esprit, qui une étincelle flamboyante, qui un profond soupir, qui un sentiment confiant de calme, d'angoisse, de joie… de tristesse pour l'état de Diaspora où se trouve son peuple ou pour l'Immanence en Exil. Untel donne son amour d'autrui ; tel autre son amour de la nation et de sa Terre…, autant de valeurs qui forment la prière en public". La parabole se comprend d'elle-même. A lui seul, le simple particulier ne saurait prétendre à une prière aussi achevée.
Par ces considérations, on comprend comment le Zohar résout une difficulté d'exégèse contenue dans le verset : "Il (L'Eternel) se tourne vers la prière du pauvre dénudé, Il ne dédaigne pas leur prière" (4) . Il est dit : "Il se tourne" et non pas "Il prête attention", parce que "Le pauvre dénudé" prie seul, de sorte que l'Eternel examine minutieusement sa prière pour apprécier jusqu'à quel point elle a été adressée de bon gré, de qui elle provient, quelles actions a-t-il accompli? Mérite-t-il d'être exaucé? etc. C'est pourquoi, poursuit le Zohar, on doit prier en public. Là, seulement, l'Eternel ne "dédaigne pas leur (au pluriel) prière". Au contraire, Il la reçoit favorablement même s'ils ne sont pas forcément animés de la plus grande ferveur.
Aussi, rien ne peut remplacer la prière en public car ce n'est que de cette manière qu'elle peut vraiment être exaucée.
Traduit et adapté par Maïmon Retbi
Inspiré de la "Kédousha du "Moussaf"
[2] 3, §19
[3] Mitsva Vélèv, Maamar Hatéfila
[4] Ps. CII, 18