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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
En dansant dans les vignobles, les jeunes filles attiraient l'attention du conjoint potentiel sur trois points : les plus belles accentuaient leur beauté, celles de haute lignée prétendaient que la femme ne sert qu'à donner des enfants, les plus laides les poussaient à les prendre de manière désintéressée (lechem Chamayim) et les parer d'or.
Comment se fait-il que justement à Tou Be'av, les jeunes filles vantent les avantages qu'elles possèdent par rapport aux autres ?
En fait, il s'agit peut-être de la même personne. Elle annonce d'abord au jeune homme le point le plus attirant, la beauté extérieure. Ensuite, le prétexte d'une bonne famille et d'une belle lignée : les époux sortiront quelque peu de leur égoïsme, mettant des enfants au monde et l'hérédité trouvera son expression.
Et alors cette même femme judicieuse le préparera à l'étape suivante, la plus difficile : celle où la beauté s'estompera, où les enfants quitteront père et mère pour fonder leur propre foyer. C'est là que la sincérité de la vie conjugale sera mise à l'épreuve. Le couple se désunira-t-il faute d'intérêt commun ou saura-t-il avancer vers le stade suivant, celui de l'âge d'or (« pare-moi d'or ») ?
La demoiselle insinue que lors des deux premières étapes, il ne fait que « prendre », se délecter de la beauté et des enfants. Or, ces deux points ne lui permettront pas de jouir de la personnalité et de l'amour de son épouse ! Elle proclame alors que la véritable étape est celle où il se consacrera entièrement à elle, sans rien accaparer, simplement parce qu'il reconnaît ses vertus. Il s'agit là de la volonté divine fondamentale.
À Tou Be'av, le « jour de la brisure de la hache », on arrêtait d'abattre des arbres pour la construction de l'Autel, comme si la hache s'était brisée. Pourquoi était-ce un jour de joie ? Parce que jusque là, ils devaient se battre pour leur vie, leur travail. Désormais, dit la Guemara, ils pourront s'adonner davantage à l'étude de la Torah. Le marteau et la hache symbolisent la notion de travail chez les communistes, eux qui foulèrent aux pieds les valeurs de la famille et de la vie conjugale. Tou Be'av caractérise l'époque où les conjoints ont cessé de travailler et sont plus disposés à s'investir dans leur vie commune.
Combien de femmes, à cet âge, se sentent inutiles, simplement parce qu'elles refusent de quitter la bataille (ma'arakha) pour enfin profiter de la lumière dorée émanant des bois de l'Autel (ma'arakha) pour lequel elles se sont tant sacrifiées ! C'est maintenant le moment vital où tu œuvres réellement en faveur de ton foyer !
Moshé Rabbénou n'a jamais rien requis pour lui-même. Néanmoins, une fois que ses forces se sont affaiblies, il prend le temps de supplier D. ! Lui qui ne savait que donner, implore enfin pour lui-même et son avenir !
Un certain Midrach évoque la réaction d'une dame d'âge bien mûr, refusant de trouver sa consolation juste à travers ses gendres, belles-filles et petits-enfants. Elle sait qu'elle n'a le droit, sous aucun prétexte, de cesser d'attendre la nouvelle du retour de son mari, authentique source de consolation.
Tou Be'av n'est pas destiné uniquement aux jeunes. Ce jour-là, D. posera Son regard doré sur toutes les femmes épuisées, moins belles que jadis, et Il leur dira avec le plus ancien amour : « Ton roi va venir te rejoindre ! »