Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Paroles de Femmes
בס"ד
Rabbanite Yemima Mizrahi
En ces jours, la tension est de rigueur et nous ne devons nullement la combattre car elle seule nous affranchit de notre statut d'esclaves pour nous faire devenir des êtres libres. D. dit : « J'ai vu aussi la pression que les Égyptiens exercent sur eux ». Comme si la souffrance et les douleurs ne suffisaient point et qu'Hashem attendait les contractions prénatales pour faire naître un peuple nouveau.
Les jours précédant la fête se caractérisent par trois principaux types de tensions : la tension liée au temps, celle concernant les dépenses excessives et celles relatives à la famille. La Haggadah les définit toutes par le terme « Do'hak ».
En Égypte, la tension prédominante des enfants d'Israël se rapporte au temps et au rendement. Pharaon asservit tout un peuple, exigeant de lui des travaux inutiles, afin de les mettre sous pression en leur ordonnant de confectionner quotidiennement un nombre impossible de briques. Pourquoi D. nous met-Il dans une telle situation de pression ?! Pour que nous comprenions que le pire '’Hamets est le sentiment d'avoir manqué une occasion (Ha'hmatsa). C'est précisément lorsque « leur pâte n'a pas eu le temps de fermenter (le-ha'hmits) » et qu'ils disposaient de maigres provisions pour la route, qu'Hashem demande aux Hébreux : « Croyez-vous sincèrement que même dans ces conditions Je puisse vous délivrer ? » Et ils Le suivent sans la moindre hésitation, « ce qui leur restait [de la pâte] enveloppé dans leurs manteaux ». Le véritable sentiment de Ha'hmatsa se traduit par un perfectionnisme, une volonté de tout faire bien et seule. La pression rattachée au temps finit par engendrer la merveilleuse liberté permettant de comprendre qu'assurément « tu n'es pas libre d'y renoncer » (au travail), mais tu es réellement libre lorsque tu comprends que « ce n'est pas à toi d'achever l'œuvre ».
Une autre tension est d'origine financière. Comment se fait-il que justement au seuil de cette fête nous en arrivions à « Vehotsèti », « j'ai sorti » ([de l'argent]) ? D. sait que seul un homme véritablement libre est capable de dépenser de l'argent pour la fête, sachant pertinemment que ces frais lui seront rendus doublement. Lors de la Sortie d'Égypte, Hashem doit supplier les enfants d'Israël d'emporter les biens des Égyptiens. Ils étaient si ancrés dans la servitude qu'ils contemplaient ces objets avec grand respect, se refusant à les utiliser pour eux-mêmes. C'est pourquoi, quand D. promet à Avraham que ses enfants seront délivrés physiquement et moralement, Il décrit ainsi cette rédemption : « Et ensuite ils sortiront avec une abondance de biens ». La profusion et la royauté ne leur seront plus étrangères. Les nombreuses dépenses en vue de la fête nous dégagent de la pauvreté spirituelle et pécuniaire !
Et enfin, les tensions de famille. Quasiment chaque famille est confrontée à la question de savoir qui participera au Séder familial. Nos Sages expliquent que Pharaon contraignait les familles nombreuses à habiter sur une petite superficie dans le but d'en brouiller les membres. « Nettoyer » les rapports familiaux nous sauve. Dans la Torah, le mot Goël, sauveur, signifie un proche parent ! La famille se réunissant autour de la table du Séder, l'un s'appuyant sur l'épaule de l'autre, sans bouder (Leha'hmits panim), est cachère lePessa'h et apte à être délivrée.
C'est justement l'emprisonnement et l'oppression qui nous préparent à la rédemption !
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