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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
בס"ד
Par Rabbanite Yemima Mizrahi
Au début du Livre de Vayikra, D. interpelle Moché. Le chef du peuple possédait dix noms et D. choisit de l'appeler par celui qui lui avait été attribué par la fille de Pharaon, à qui Il déclare : « Moché n'était pas ton fils, et pourtant tu l'as désigné ton fils. Toi tu n'es pas Ma fille et Je te nomme Batia, [fille de D.]… » (Vayikra Rabba).
La délivrance de Pourim se fait par le mérite de Mordekhaï qui a adopté sa parente orpheline, lui offrant une famille d'accueil. « Tu as adopté une fille sans père ni mère ? C'est elle qui attirera la miséricorde sur le peuple d'Israël qui n'a ni père ni mère. » (Esther Rabba).
Assumer la responsabilité d'un enfant non biologique a le pouvoir de renverser des décrets, justement parce que cela implique des difficultés : des couples remariés doivent éduquer des enfants qu'ils n'ont pas mis au monde, ressentant bien souvent déception et peine. Serrer contre son cœur un enfant autre que le leur oblige D., si l'on peut dire, à nous chérir également.
Lorsque Moché, le berger fidèle, se heurte à l'ingratitude de son peuple, il s'écrie, frustré : « Est-ce donc moi qui ai conçu tout ce peuple, moi qui l'ai enfanté pour que Tu me dises : "Porte-le dans ton sein, comme le nourricier porte le nourrisson" ? » Une mère biologique est naturellement indulgente envers ses enfants, mais moi, où puiserai-je la force de tenir contre mon cœur, par un effort surhumain, des enfants qui ne m'appartiennent point ? Moché ne peut ni ne désire en aucune manière fuir ses enfants adoptifs, il leur est attaché par un lien indissoluble. Il continuera à chercher leurs qualités et à implorer D. pour eux.
Pourquoi l'adoption de Moché est-elle mentionnée dès le début du 'Houmach Vayikra ? C'est parce que le aleph minuscule du mot « Vayikra » symbolise les enfants qui entament l'étude de la Torah par les sacrifices. Cette lettre avertit l'enseignant : « Ne méprise point "tes" enfants ! Tu es leur "père adoptif", leur associé dans l'étude, tu es responsable de leur amour de la Torah, de D. et de Son peuple ! N'oublie surtout pas comme ils sont purs ! »
Seuls les enfants étudient avec candeur, sans se demander si le sacrifice des animaux constitue un acte cruel, si la pendaison des dix fils d'Aman est humaine, si l'ordre d'effacer Amalek relève de la barbarie. Ils sont innocents. Par contre, une personne déterminant les critères du bien et du mal suivant son propre jugement, parviendra à des considérations peu nettes.
Mordekhaï, conscient de la pureté des enfants juifs, les réunit pour jeûner et prier ensemble. Au milieu de la nuit, D. demande à Ses anges : « Qu'entends-Je ? Des voix de chevreaux et d'agneaux ?! » Ils lui répondent qu'il s'agit des innocents enfants juifs Le suppliant d'annuler le décret. D. promet alors : « Pour eux, Je sauverai le peuple ! »
La joie des enfants doit représenter le point central de la fête de Pourim. Ils savent, en toute naïveté, se déguiser en « bons ». Ils sont capables de pleurer avec tant de sincérité et surtout de laisser fuser, avec un cœur pur, le rire des temps messianiques.