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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Par Rabbanite Yemima Mizra'hi
Le nettoyage de Pessah préoccupe bien plus les femmes que les hommes. Quel est le rapport entre les femmes et la propreté ? Apparemment, dans notre génération dépourvue de Sanctuaire, seules les dames se soucient encore du passage de l'impureté vers la pureté ! Ce sont elles qui vivent l'expérience de ces jours de récurage, de préparation méticuleuse et si importante, menant vers un véritable renouveau.
D'une part, cela témoigne de la confiance inébranlable de D. à l'égard des femmes, concernant les fautes entraînant la peine de Karet (retranchement par châtiment divin) ; d'autre part, elles assument une responsabilité redoutable. Le Or Ha'Haïm Hakadosh demande à propos du verset : « lorsqu'une femme concevra et aura enfanté » [au passé en hébreu] pourquoi il n'est pas écrit : « lorsqu'une femme concevra et enfantera ». Il explique que l'enfant naît bien avant son arrivée au monde ; son essence et sa nature ont déjà été déterminées conséquemment à la pureté de la pensée lors des étapes les plus précoces de sa création. Telles la chasteté et la pudeur de l'esprit à ce moment-là, telle l'âme de l'embryon. 
Même en nettoyant pour Pessa'h, nous donnons naissance à des Neshamot. C'est la seule fête dont les préparatifs sont si longs et stressants, elle nous apprend réellement à servir D.. Une mère œuvrant avec des pensées positives « mettra au monde » des enfants « à l'esprit favorable ». L'enfant sage ('Hakham) sera le produit d'une mère affable, même en plein nettoyage. Il exigera de comprendre : « Que signifient les témoignages, les décrets, les règles… ? » L'enfant méchant (Rasha) est la résultante de parents préparant Pessa'h avec mépris, tels des esclaves. Il interrogera : « Que signifie pour vous ce rite ? » L'enfant naïf (Tam) voit sa mère travailler machinalement, sans aucun plaisir. Lui aussi servira D. juste pour s'acquitter de son devoir. Puis l'enfant qui ne sait pas questionner (Shé'eino yodéa lish'ol) sera issu d'une mère qui, un mois avant la fête, oublie de demander à D. qu'Il l'épargne de trouver la moindre miette de 'Hamets pendant Pessa'h. La prière d'une mère traversant une période de tension, constitue l'un des messages les plus vibrants de l'éducation à la prière. Selon Rabbi Na'hman de Breslav, les prières de Sha'harit entre Pourim et Pessa'h façonnent l'éducation de nos enfants aux commandements de la Torah, car les initiales des quatre types de personnages forment le mot Sha'harit.
Peut-on préparer Pessah dans le calme et sans panique ? Non. Le mois de Nissan se caractérise par un manque total de patience : envers chaque seconde supplémentaire dans la cuisson des Matsot, pour toute miette de pain et à l'égard des choses superflues à la maison. Selon la Kabala, un objet inutilisé puise sa vitalité dans les personnes vivant au domicile ; c'est pourquoi, en l'évacuant, on éprouve une certaine joie !
Comment peut-on servir de modèle d'éducatrice dans ces circonstances stressantes ? C'est précisément cette pression qui annonce, à nous et à notre progéniture, la présence imminente de la Rédemption, telles les contractions précédant la naissance. Chaque Rosh 'Hodesh Nissan, Rachel, notre matriarche, sanglote face au Trône divin, demandant quand les femmes juives verront-elles enfin leur miracle (nissan) s'accomplir. À l'approche de Pessah, elle se lamente pour sa descendance. L'armée céleste et le Mashia'h attendent attentivement de voir si l'heure a sonné de lui faire grâce… Et c'est en Nissan que le peuple juif sera délivré.