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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Pharaon gémit quand les enfants d’Israël quittent l’Égypte. Pourquoi pleure-t-il, lui qui les considérait comme des sous-hommes, comme une bande de fainéants ? Comment se fait-il que l’on se souvienne avec nostalgie, mais trop tard, des vertus de son conjoint, des qualités de son enfant ? Le Midrash rapporte la parabole suivante : un marchand, qui possédait des perles de différentes tailles et couleurs dont il ne distinguait point la beauté particulière, les remit à un collègue.
Celui-ci en façonna un superbe collier. Quand le premier vit la splendide oeuvre artistique, il se mit à sangloter : « Comment ai-je pu laisser tomber ces merveilleuses perles ? » Il arrive que nous méprisions les « pierres précieuses » parsemant notre chemin, nos proches, une occupation qui semble fastidieuse. Si seulement nous les avions disposées en une rangée, nous aurions été émerveillés de leur beauté ! Tu n’as pas fait de ta vie un beau collier ?
Tu risques de voir les perles chuter et s’éloigner en s’éparpillant… Qu’adviendra-t-il de l’enfant dont nous n’avons pas su apprécier la valeur et qui s’est écarté de la bonne voie ? Qui se souciera de lui à présent ? Lorsqu’une « perle précieuse » s’échappe, elle désire vivre intensément chaque nouvelle aventure se présentant sur son chemin, et pourtant elle se sent isolée. C’est le sentiment qu’éprouve le peuple d’Israël lorsque, amer, il quitte l’Égypte.
Pourquoi D. rejette-t-Il un si lourd fardeau sur de jeunes épaules ? C’est pour nous permettre de découvrir la force de la croissance, de la Chira, de la prière. Quand Moshé erre avec ce peuple aigri et assoiffé, D. lui dévoile Son but, en lui indiquant un arbre. Or, qu’estce qui perd plus ses feuilles qu’un arbre ? Qui a aussi soif que lui ? Et néanmoins, même dénudé et sec, il se maintient toujours en position pour prier. L’arbre nu nous fait penser à une personne qui prie, le bois avec ses arbres oscillant, à une synagogue. L’arbre adoucit l’amertume du peuple chassé, il lui rappelle que toute soif peut être transformée en soif de D...
C’est avec l’image de cet arbre que Moshé circule pendant la guerre éprouvante contre Amalek. Il sait que ce combattant juré fera tout pour semer le doute dans le coeur de ses enfants assoiffés et terrifiés, pour éveiller en eux la redoutable question : « D. se trouvet- Il parmi nous ou non ? » Il leur montre alors qu’à l’instar de l’arbre en prière, lui aussi tend ses bras vers D.. Bien que ceux-ci deviennent pesants, il tient bon car Yehoshoua et ‘Hour les soutiennent.
Il montre ainsi à ses enfants, à plusieurs reprises, la force de la Tefila. Le ‘Hida explique que les mots de la Chira : « tu le feras venir et tu le fixeras », doivent être prononcés quotidiennement avec grande ferveur, en pensant aux enfants assoiffés, non enracinés. Nous devons prier pour qu’ils découvrent les délices de la prière, qu’ils soient « comme un arbre planté auprès des cours d’eau » et non pas « comme le chaume que pourchasse le vent », qu’ils sachent résister au mal et à Amalek. Ainsi le peuple juif vaincra
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