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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
בס"ד
Les êtres humains ont tendance à considérer la peur comme un sentiment à éviter.
Beaucoup de femmes craignent tant la peur ! Cette émotion les accompagne lorsqu'elles recherchent l'âme sœur, avant et après un accouchement, dans l'éducation de leurs enfants et même dans la vieillesse.
Le monde constitue un endroit effrayant et seul le fait d'avancer dans l'expérience de la peur crée la possibilité de relier les années initiales de la vie à l'au-delà.
Les premières années de l'homme se caractérisent par l'absence de peur. Nos Sages affirment que si l'on pose sur un toit un chat et un nourrisson, le chat ne sautera pas alors que le bébé redoublera d'efforts pour y parvenir ! C'est cette hardiesse que nos Sages nomment Yétser Hara !
De toute évidence, pour devenir croyante, il faut avoir peur ; la crainte sert de stimulus pour se dégager de la faiblesse. Le roi David, qui a si souvent éprouvé ce sentiment, a su déclarer : « Le jour où j'ai à craindre, c'est à Toi que je me confie ». Ce sont les journées les plus épouvantables de sa vie qui l'obligèrent à atteindre des degrés de confiance en D. dont il ignorait l'existence même.
Le Or Ha'Haïm Hakadosh explique l'origine de la force de Calev qui lui permit de résister à la terrible épreuve de la faute des explorateurs : sa peur effroyable. Yehoshoua ne reçoit pas comme Calev le titre de « serviteur » car il ne connaît pas la crainte. Avant sa mission, Moshé ajoute à son nom la lettre youd [du Nom de D.], attestant : « D. te protègera de l'avis des explorateurs ! » Yehoshoua puise sa force dans une source extérieure, tandis que bat en Calev une angoisse perpétuelle qu'il sait transmuter en prière, en pont extrêmement étroit en direction d'Hashem. L'expression « Mon serviteur Calev » se réfère indubitablement à la seule et unique servitude d'un juif : « Quel est le service du cœur ? C'est la tefila ».
Combien de travail (avoda) repose sur les épaules d'une femme juive ! C'est pourquoi elle vit tant d'anxiétés et de chocs psychiques ! Comment peut-on comparer les prières d'une femme dans les douleurs de l'accouchement à celles d’une femme dont la vie n'est troublée par aucune tension ?
Notre mission dans le monde ne consiste pas à dire : « Celui qui a confiance [en D.] n'a pas peur », réprimant ainsi ce sentiment. Au contraire, nous devons reconnaître les moments de crises, alors « tous les yeux se tournent avec espoir vers Toi ». La crainte ne doit pas être repoussée mais rattachée à un lieu où il n'y en a point.
Le Zohar raconte que Rabbi Shimon bar Yo'haï voulut savoir la place des femmes au Gan Éden. Un envoyé lui rapporta l'existence de six palais dans lesquels étaient confortablement installées les « femmes sereines » : Batia, Séra'h, Yokhéved, Déborah, 'Hanna et Esther. Elles connurent toutes une peur inouïe et découvrirent ainsi par elles-mêmes des forces morales exceptionnelles. « Les hommes n'ont nul droit d'y entrer… ».
Le messager ne fut pas autorisé à poser son regard sur « le palais des filles confiantes ». Ce sont les quatre matriarches qui y vivent, elles qui connurent la terreur et sauvèrent le peuple grâce à leur foi.
Le monde est un pont très étroit et c'est le Roi de l'univers qui nous protège de tous !