Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
בס"ד
Au moment du don de la Torah, tous les malades guérirent : sourds, muets, boiteux. Nous pourrions en déduire que la Torah met fin aux maux ; toutefois, il semblerait que le message fût inverse : pour recevoir la Loi divine, nous devons être en bonne santé car les membres du corps sont indispensables pour l'observer. Si nous ne pouvons l'entendre, prononcer ses lettres et nous rendre vers un lieu empli de sainteté, alors le jour du don de la Torah perd son sens ! 
La Torah ne peut être accueillie dans un réceptacle fêlé, trop étroit pour la contenir. Comment se fait-il qu'à une époque aussi abondante en spécialistes de la thérapie du langage, beaucoup de gens ne soient pas encore prêts à recevoir la Torah, tant de jeunes quittent les bancs de la Yeshiva ?
Faisons face à l'occasion manquée : l'ustensile le plus brisé nécessitant un traitement, c'est le cœur. La Torah ne pénétrera pas dans un cœur découragé, affligé, manquant de confiance en ses capacités. C'est pour cette raison que, préalablement au don de la Torah, ce sont justement les forces psychiques qu'Hashem rend au peuple d'Israël exténué. Rabbi Shimon bar Yo'haï nous révèle que D. entame le Décalogue par le mot Anokhi, « Moi », proclamant ainsi à chacun : « C'est Moi qui vous réconforte ! » Vous n'êtes plus des esclaves soumis, vous êtes Mes enfants bien-aimés. Il les redresse et fait revivre leur âme.
Quand un non-juif va trouver Shamaï et lui demande de lui enseigner la Torah « debout sur un pied », il ne cherche pas une solution à son problème de stabilité. Il souhaite trouver une consolation, entendre que même un homme aussi éloigné que lui est digne de recevoir la Torah.
Boaz prodigue à Ruth ce même 'héssed. Il est capable de dire à cette femme solitaire : « C'est moi qui te réconforte ! » Grâce à cette phrase à la fois si simple et si fantastique, il la redresse alors qu'elle s'était jetée, la face contre terre. Il lui affirme avoir remarqué sa souffrance, ses efforts pour avancer. Ruth, qui n'en revient pas, lui répond avec émotion : « … tu m'as consolée et tes paroles sont allées au cœur de ta servante ». Une personne étudiant la Torah doit se savoir aimée et ses efforts intenses appréciés pour se tenir debout sur ses deux pieds : « elle se releva pour glaner ».
Rabbi Shlomo Alkavets décrit comment, le soir de Shavouot, une voix divine sortit de la bouche de Rabbi Yossef Karo. Elle s'amplifia, « nous nous jetâmes sur notre face et nous étions si terrifiés que personne n'osait lever le visage. Nous écoutions sans comprendre. Cette voix dit : " Écoutez, mes amis ! … La couronne était tombée de ma tête… je gisais dans la poussière… Cette nuit, vous m'avez rendu ma gloire. Renforcez-vous, mes bien-aimés, vous êtes montés en grade et désormais, le faible pourra dire : 'Je suis fort !' Estimez-vous car vous appartenez au palais royal" »
Le tikoun de la nuit de Shavouot constitue un rétablissement des cœurs abattus. Nous devons préciser à nos rejetons qu'ils ont été élus pour étudier la Torah, que leurs efforts plaisent, leur étude réjouit et que « les amis ayant vu et entendu tout cela voient renaître en eux un nouveau souffle vital ».