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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
בס"ד
Les filles du peuple d'Israël firent don de leurs miroirs de cuivre et Moshé les rejeta, jusqu'à ce que D. lui enjoignît de les accepter, prétextant qu'Il les aimait plus que tout le reste. Moshé considérait la glace comme un objet au service du mauvais penchant. Pourquoi ? Parce que selon nos Sages, il était lui-même un instrument lisse par lequel il communiquait la parole divine sans intérêt propre, exactement comme un miroir poli reflète une apparence exacte, sans aucune expression personnalisée.
Ainsi, lorsque la femme se contemple dans un miroir et s'orne de bijoux, cela est diamétralement opposé à l'effacement de soi ; au contraire, il s'agit de l'égoïsme personnifié ! Alors, comment se fait-il que D. réagisse ainsi ?! La raison est que les femmes se paraient devant les miroirs dans le but d'encourager leur mari à poursuivre leur vie de famille, ce qui leur valut de mettre au monde de nombreux enfants. 
Hachem nous dévoile ici une merveilleuse nouveauté quant au rôle de la femme dans le judaïsme : celle-ci est loin d'être un personnage méprisable, permettant aux autres d'accomplir par elle leur volonté au mépris des siennes. Le fait qu'en Égypte, les femmes ont pu s'admirer dans une glace, exprimer leurs désirs et ne pas s'effacer devant la volonté de l'homme (ou plutôt son manque de volonté), c'est ce qui plut à D. plus que tout ! Qu'aurions-nous fait si la femme avait reflété la faiblesse de son époux en Égypte ?
Le sot roi Assuérus souhaitait produire un modèle d'une femme « insignifiante », conversant dans la langue de son époux et que « chaque homme règne dans son foyer et parle le langage de son peuple ». Une femme ne devait pas posséder son propre langage, son expression individuelle… En revanche, Hachem a créé la femme en tant qu'« aide à ses côtés », une personnalité en mesure de s'opposer et de régner, pouvant objecter si elle le juge utile. (Maharal)
C'est la manière d'être d'Esther : elle semble passive, comme un miroir reflétant les vœux d'autrui. Mordekhaï l'élève, elle est emmenée au palais royal contre son gré. Là, elle obéit à ses ordres et « ne révèle point » ses origines. Assuérus lui tend son sceptre d'or et le peuple tout entier prie parce qu'elle leur a demandé : « Jeûnez pour moi ! » Mordekhaï, l'homme qui ne se prosterne pas, fait de même. Les Sages, qui ne trouvaient pas justifié d'écrire la Meguila, finissent par se plier à son désir contradictoire : « Écrivez-moi pour les générations ! »
Oui à la force féminine, non à la dominance féminine ! Dans la Meguila, Vashti et Zéresh se distinguent par le mépris qu'elles manifestent à l'encontre de leur mari.
À l'inverse, quand les filles du peuple d'Israël tenaient un miroir, elles ne se voyaient pas seulement elles-mêmes : « Elles prenaient le miroir et chacune se voyait avec son époux dans la glace et l'encourageait par des paroles » (Rachi). Sa volonté à lui transparaissait dans sa volonté à elle !
Les mois d'Adar et de Nissan sont l'époque de la puissance féminine. C'est la force de la reine Esther et celle des femmes vertueuses, grâce auxquelles nous avons été sauvés et le serons à nouveau.
Par Yemima Mizrahi