Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Point de Vue
Professeur Avraham Ben Tsvi, Israel Ayom (Traducion Karine Schwartz)
Il s'agissait de la voix de Barak Obama, mais les propos, déterminés et sans compromis, tenus lors de son discours de victoire, suite à l'assassinat de Ben Laden, se rapprochaient assez du style de son prédécesseur, George Bush.
Contrairement à sa volonté initiale d'entamer une nouvelle ère réconciliée avec "l'axe du mal", Obama livre un message à un caractère militaire, emplit de fierté patriotique.
Cette nouvelle image reflète l'enseignement tiré de la rencontre entre les idées originales du président et la réalité.
Obama a rompu avec sa foi, selon laquelle, la situation internationale pourrait être rapidement modifiée. Ainsi, après avoir réalisé que son éloquence rhétorique ne suffirait pas à fermer le camp de détention de Guantanamo, il entame une approche plus agressive.
Son attitude pacifique, face à l'Iran, s'est progressivement transformée en politique de sanctions, tandis qu'il décidait d'étendre significativement la présence militaire en Afghanistan et faisait des déclarations sur une guerre juste et morale.
Enfin, la crise libyenne a mené le gouvernement à rejoindre l'OTAN et à agir contre Kadhafi. Mais bien que Obama ait géré la révolution égyptienne avec insouciance, il est difficile de ne pas être impressionné par son changement d'approche radical.
Le sceau d'approbation
Qui aurait imaginé que le gouvernement Obama se rallierait à la philosophie de Bush, après avoir soutenu que le combat contre la terreur ne devait pas devenir l'objectif principal des Etats-Unis.
Obama accorde beaucoup d'importance au succès de l'opération. Face à son image affaiblie, il lui était essentiel de prouver sa capacité à diriger. A l'échelle nationale, cette opération lui a conféré une place parmi les américains.
Il ne faut pas oublier, qu'il y a quelques jours, 25% des personnes sondées avaient déclaré douter de la citoyenneté américaine de leur président. Mais, ce dernier acte purement patriotique place celui-ci au cœur du consensus.
La réussite remarquable de l'opération devrait consolider le statut de Obama en tant que président déterminé, efficace et capable de diriger. Cette action menée pourrait permette la réhabilitation du prestige mondial des Etats-Unis et mettre fin au discours de déclin de l'hégémonie américaine.
Il est trop tôt pour tirer des conclusions sur ses chances aux élections de 2012, mais Obama aura besoin de toutes ses compétences pour gérer l'économie et le social.
Tout comme pour Bush père, victime de la crise économique de 1992, le résultat des prochaines élections dépendra de la situation économique, influençant la vie de l'électeur. Malgré la victoire américaine lors de la première guerre du Golf, les difficultés économiques ont offert une opportunité à Bill Clinton, alors anonyme.
Un vote juif encore puissant
La marge de manœuvre israélienne devrait se réduire, face à un président américain renforcé, dans le cas où Netanyahou tenterait de mobiliser les partisans traditionnels d'Israël en septembre prochain.
Sur du long terme, Obama pourrait être contraint à plus de prudence à l'égard d'Israël.
Vingt années ont passées depuis que Bush père a mené une attaque flagrante contre le lobby pro israélien à Washington, mais il est difficile d'imaginer que les conséquences d'un tel acte aient totalement disparu.
Quatorze mois plus tard, Bush perdait les élections et le taux de soutien juif était particulièrement faible. Cela constitue un avertissement devant toute initiative présidentielle durant l'année des élections. Bien que le vote juif ait traversé une periode d'érosion au cours des dix dernières années, il reste encore puissant. La pression devra donc attendre.
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