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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012

Question : Hanna et Elie contactent l'Institut Pouah pour parler contraception:
Lors de la dernière grossesse de Hanna, il s'est avéré qu'elle souffrait d'une maladie auto-immune (lupus) qui lui a provoqué une insuffisance rénale. Le médecin lui déconseille très fortement de retomber enceinte car cela risque d'aggraver sa situation qui est stable pour le moment. Il nous a proposé d'utiliser un moyen de contraception appelé Essure, qu'en pense la Hala’ha ?
Réponse du Rav Benjamin DAVID :
- Ce moyen de contraception est très problématique selon la Hala’ha. Il provoque une infertilité irréversible chez la femme. Cette méthode consiste à placer dans les trompes par les voies naturelles deux petits ressorts. Une fois en place ces micro-implants provoquent une réaction de l'organisme : des adhérences vont se former autour de ces implants et vont obstruer les trompes au bout de trois mois.
Aux yeux du judaïsme, il est interdit de stériliser un être humain, donc cette méthode sera prohibée.
L'interdit de stérilisation n'est pas écrit explicitement dans la Thora (Lévitique XXII 24). Le Talmud déduit cet interdit du verset qui proscrit l'offrande d'une bête qui a été mutilée : "Celle qui a les testicules froissés, écrasés, rompus ou coupés, ne l'offrez point à l'Eternel, et dans votre pays ne faites point pareille chose". Les Sages du Talmud expliquent qu'il faut tirer un enseignement de ces mots "Ne faites point pareille chose : ne stérilisez ni les animaux, ni les hommes" (Talmud de Babylone, Chabbat 110b).
Le Gaon de Vilna considère qu'il n'existe pas de différence fondamentale entre l'interdit de castration des hommes et la stérilisation des femmes (Even Haézer 5 alinéa 25).
Donc, toute ligature ou obstruction des trompes n'est pas une procédure acceptable dans le judaïsme.
Toutefois, en cas de contre-indications médicales d'un moyen de contraception "classique" et si la grossesse mettait en danger la vie de la mère, le médecin, après discussion avec le rabbin, pourrait prescrire exceptionnellement cette méthode contraceptive.
C'est pour cette raison qu'il est impératif d’établir un dialogue entre le médecin traitant et une autorité religieuse, afin d'éviter toute dérive.
L'important est de préserver la vie de la mère.
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