Horaires de Chabbat à Washington : 8:16pm - 9:15pm
11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Par Dror Eydar, Israel Hayom (Traduction : Karine Schwartz)
1. Galei Tsahal a enrôlé les meilleurs présentateurs et journalistes. Ces derniers ne comprennent pas toute cette agitation. Mais la forte concentration de journalistes de gauche montre que l'affirmation selon laquelle la radio est profondément de gauche, est fondée. La station propose des émissions politiques auxquelles seule une minorité du public s'identifie, mais qui représentent une majorité absolue dans les médias israéliens.
2. « Qu'est-ce qui vous laisse penser que Razi Barkay est gauchiste? Je ne comprend pas », a demandé Yaron London à Ayelet Sheked du Mouvement « Israel Sheli ». La réponse est simple : le choix de ses sujets, les personnes interviewées, les intervenants, les allégations implicites contenues dans ses questions.
Barkay n'attaquera pas le gouvernement sur le gel des constructions dans capitale israélienne. Il invitera, en tant que commentateur « objectif », Amnon Abramovitch qui poursuivra, même à la radio, sa campagne d'incitation contre les implantations et le gouvernement israélien. Il ne s'agit pas seulement de Barkay, mais d'une station entière de présentateurs, émettant quotidiennement des valeurs et opinions qui ne font pas l'unanimité du grand public. En cas d'absence des présentateurs, vous entendrez immédiatement Tali Lifkin-Sha'hak, tenant des propos de gauche. Il y a aussi Mica Friedman, Yaël Dan, Rino Tseror, Ilana Dayan, Nurit Kanti et encore bien d'autres personnes de gauche. Un véritable pluralisme…
3. « Nostalgie », c'est le nom qu'a donné cyniquement Emmanuel Rozen aux protestations contre la tendance de gauche de Galei Tsahal. C'est pratique pour lui de minimiser la réalité, tant que la radio reste le territoire de la gauche.
Les concepts de « droite » et de « gauche » sont dépassés. A mon avis, nous devons parler de conservateurs et de libéraux. La majorité absolue des médias israéliens appartient à l'école libérale. Mais Galei Tsahal est loin de faire l'unanimité auprès du grand public.
4. Le pluralisme, dont se targue la direction de la radio, suppose que ses positions, profondément de gauche, représentent l'opinion du public. La radio soutient les organisations de gauche invitées à faire entendre leur méchanceté au mépris des organisations de droite, parfois appelées « extrémistes ».
On notera aussi l'empathie des présentateurs envers leurs alliés idéologiques de « Chalom A'hshav » et d'autres organisations de gauche, faisant preuve d'hostilité et d'indifférence envers les représentants de droite. Les programmes d'actualité y sont clairement orientés.
5. La direction de la radio lutte pour conserver son caractère, enrôlant de nouveaux collègues de gauche. C'est une guerre pour garder le pouvoir : les ressources publiques ont été dérobées au public par des faux-semblants hypocrites.
Les journalistes de gauche, comme Ouzi Benziman et d'autres, parlent « d'un effort calculé du Premier Ministre pour contrôler les programmes diffusés sur les chaînes publiques ». Benziman attribue cela à « une tendance visant à limiter la liberté d'expression, et faire des chaînes publiques une machine de propagande gouvernementale », rien de moins. Toutes les quelques minutes on peut entendre les mots « maccarthysme » et « fascisme » à l'antenne.
Mais où était Benziman et ses amis « professionnels » lors des accords d'Oslo ? Qui, alors, a posé les questions difficiles ? Qui a fait taire les opposants à cet accord sanglant ? Où étaient-ils après le meurtre de Rabin, alors qu'une partie de la population était accusée du meurtre ? Où étaient-ils lors du départ du Liban ? Ont-ils fait preuve alors de professionnalisme, plutôt que d'être des machines de propagande du gouvernement, qui avait mis en place une politique significative de gauche ?
La protestation contre Galei Tsahal ne vise pas à « ramener la diffusion publique cinquante ans en arrière », comme Benziman le laisse entendre. Au contraire, elle vise à faire en sorte que cette radio militaire diffuse, enfin, des émissions proposant une variété de positions, reflétant les opinions du public; et pas seulement les opinions ésotériques de Benziman et ses amis qui utilisent les termes de « liberté d'expression » et de « indépendance médiatique », mais qui, en réalité, soutiennent ceux qui empêchent les journalistes conservateurs de rentrer dans les bastions établis des médias.
6. Pour les membres du comité de sélection du prochain directeur de la radio militaire, ainsi que pour les décisionnaires politiques, c'est une occasion de redonner à la station de radio sa place centrale.
Pour cela, il n'est pas nécessaire d'y placer un homme politique ; mais il est important que le directeur de Galei Tsahal soit un véritable homme militaire, un officier qui soit au moins major ou lieutenant-colonel, quelqu'un qui ait combattu sur le terrain, qui connaisse parfaitement le système militaire et dont la personnalité soit tournée vers de nombreux domaines, une personne capable d'amener un changement réel à la radio, et de souffler un vent de paix vers la société israélienne. On ne peut laisser la situation telle quelle : c'est néfaste pour la société israélienne.