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11 Sivan 5772 - vendredi 01 juin 2012
Par Chlomo Tsezna
La semaine dernière, Netanyahou effectuait une visite en Cisjordanie, entouré d'officiers de Tsahal, de journalistes et de photographes. "Regardez et comprenez", semblait-il vouloir dire, face à la vue imprenable sur Sartaba, forteresse asmonéenne dans la vallée du Jourdain.
C'est à cet endroit stratégique que le premier ministre a choisi de dévoiler un volet de son programme politique : "Il n'y a pas d'alternative. La vallée du Jourdain est la ligne de défense d'Israël. Tsahal doit rester déployée le long du Jourdain".
Quand Merkel s'emporte
La semaine précédente, les représentants du Quartett international (Etats-Unis, Russie, Union Européenne et ONU), se sont rendus en Israël, espérant faire progresser le processus de paix. Selon eux, les révolutions dans les pays voisins sont une occasion de sortir les négociations de l'impasse. Les Américains mettent la pression.
Le cabinet du premier ministre s'inquiète de la coordination totale entre les deux grands amis d'Israël, les Etats-Unis et l'Allemagne. La chancelière allemande s'est dernièrement emportée contre Netanyahou, l'accusant de ne pas faire d'efforts suffisants.
Pas la proposition d'Olmert
Au mois de mai, se tiendra à Washington, la conférence de l'AIPAC, le lobby américain en faveur d'Israël; le premier ministre s'exprimera devant le Congrès américain, une occasion de présenter son discours "Bar-Ilan 2", un programme politique remanié.
Olmert proposait un Etat palestinien dans les frontières de 67, un échange de territoires, une évacuation des colonies, Jérusalem partagée, un contrôle international sur le Mont du Temple et le Kotel, et le retour des réfugiés. Un haut responsable rappelait, avec amertume, que les prédécesseurs de Netanyahou avaient signé des accords, traitant négligemment les questions clés comme la sécurité et la reconnaissance d'Israël : Netanyahou devait réparer les dommages.
Aujourd'hui, le premier ministre veut modifier le discours international. Les palestiniens, eux, souhaitent la reconnaissance, par l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, d'un Etat palestinien dans les frontières de 67, avec Jérusalem pour capitale.
Lors du discours "Bar-Ilan", Netanyahou avançait la possibilité d'un Etat palestinien démilitarisé. Sa prochaine allocution devrait porter sur la sécurité d'Israël et la légitimation des implantations à Jérusalem, la sécurité d'Israël ayant toujours reçu le soutien total international. Les documents rendus publics par Al-Jazeera, ont prouvé que les blocs d'implantation et les quartiers juifs à Jérusalem étaient acceptés par les palestiniens.
Ces dernières semaines, Netanyahou a tenté d'unir la communauté internationale sur ces points. Seul le sujet sécuritaire a été révélé jusqu'ici : la nécessité de zones de sécurité, protégeant Israël d'une invasion venant de l'est du Jourdain.
Contrôler les passages
Les régimes du Moyen-Orient tombent, laissant Israël dans l'incertitude. De plus, dès que les forces américaines quitteront l'Irak, l'Iran aura un axe ouvert jusqu'au Jourdain. Israël doit contrôler les points de passage pour empêcher le transfert d'armes de l'Iran au Hamas et au Hezbollah.
" Un éventuel accord doit être protégé; pour cela nous devons rester le long de la frontière jordanienne" a déclaré Netanyahou.
Les américains avaient précédemment accepté, en contrepartie du gel des constructions dans les implantations, que la vallée du Jourdain reste sous contrôle israélien; mais les palestiniens ont refusé. Netanyahou pense pouvoir atteindre un consensus mondial sur le sujet.
Barak et Netanyahou souhaitent une augmentation conséquente du budget de la défense. "Nous sommes un petit pays avec d'énormes besoins sécuritaires".
Les questions de territorialité.
Deux questions posent problème : l'avenir des implantations et le contrôle du Mont du Temple à Jérusalem. En outre, les Palestiniens n'ont toujours pas accepté que l'accord mette fin au conflit et qu'Israël soit la terre du peuple juif.
Deux options sont envisageables, selon Netanyahou : le règlement définitif ou un arrangement provisoire à long terme. Mais l'expérience montre que la partie palestinienne manque de courage pour aller vers un compromis.
Pour le moment, Netanyahou refuse de présenter son programme politique, cherchant comment obtenir le soutien du Quartett.