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14 Sivan 5772 - lundi 04 juin 2012
Le profane que je suis en matière halakhique, comme en matière médicale, n’aura pas la prétention de vouloir répondre à cette problématique.
Il ne fera que poser de nouvelles questions, dont voici quelques échantillons :
Comment l’enfant-médicament réagira-t-il psychologiquement face au destin qu’on lui a préparé ? Ne sera-t-il pas tenté, en cas de succès du don de son sang ombilical, par quelque arrogance envers l’aîné qu’il a sauvé ou au contraire, par quelque tentation à l’effacement pour n’avoir pas été voulu par ses parents, mais choisi comme sorte de thérapie ?
Et n’y a-t-il pas lieu de redouter, en cas d’échec de ce don, qu’il s’en sente coupable ?

Quant aux parents, peut-on accepter l’idée qu’ils n’aient pas vraiment voulu cet enfant, mais qu’ils ne l’aient « fabriqué » que comme un médicament destiné à leur aîné malade ?
Jacques KOHN
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Mis à part notre admiration pour l’exploit technique de nos scientifiques, un débat complexe s ‘ouvre sur les conséquences éthiques majeures. Si ce procédé était étendu plus largement, il pourrait être la porte ouverte à la sélection des enfants à naître et ce serait là une dérive perverse. Il y a en effet trois participants lors de la création d'un être humain : les deux parents, mais qui est le troisième, Hachem ou la Science?
Complexe polémique à dimension théologique.
Bébé-médicament ou bébé double espoir ? Est-ce une instrumentalisation de l'homme? Cela invite une polémique philosophique et éthique de la finalité de l'humain.
Chacun vient au monde avec un projet d'altruisme que nous avons trop souvent du mal à reconnaitre, à définir et à appliquer. Pour ces enfants, le projet est transparent. Ils n’ont pas directement choisi ce don, il est le fruit du choix de leurs parents.
Mais d'après la mystique juive, l'âme humaine, avant d’incarner son corps physique choisit la génération, le contexte familial, etc. Ne pouvons-nous en conclure que le choix de sauver son frère lui appartient aussi?
Chaque être vient au monde pour se réaliser, mais celui dont l’accomplissement personnel s’édifie par l’altruisme par excellence, est défini homme Tsadik. Ce don est le summum de son projet personnel, et qui sait, une forme de Tikoun de la faute de Caïn et Hevel.
Le projet de vie de Hevel était un souffle de vie éphémère, comme ces enfants atteints d’une maladie a priori incurable. C'est par son petit frère, génétiquement parlant – son jumeau -, qu'il va pouvoir vivre et influencer le monde.
Une page Science qui va relancer le débat bioéthique.
Esther Horgen - Conseil Conjugal
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Sachez d'abord que cette technique est déjà pratiquée en Israël depuis plus de deux ans et que plusieurs enfants ont été mis au monde dans l'espoir de sauver la vie de leur frère ou de leur sœur. Je pense que c'est bien dommage car il est important que le public s’intéresse à l'éthique médicale.
Avant tout, la réponse à cette question doit être une réponse qui découle de la Halakha et c'est aux décisionnaires rabbiniques de nous aiguiller, car pour notre peuple, l'éthique doit émerger des textes rabbiniques.
J'ai déjà questionné le Grand Rabbin d'Israël, le rav Shlomo Amar, qui n'a pas vu de problème majeur à ce processus, puisque les parents élèveront très certainement avec amour leur enfant. De plus, il est autorisé dans le judaïsme de faire réaliser une Mitsva à une personne, même à son insu, tant que cela ne lui crée aucun dommage.
C'est pour cela qu'il sera autorisé de prélever des cellules souche du cordon ombilical ou même du sang du bébé. En revanche, un organe, tel qu'un rein, ne pourra être prélevé sans son accord.
Il ne faut pas avoir peur des nouveautés scientifiques et tout interdire a priori, mais plutôt profiter des avancées technologiques et les gérer avec prudence.
Rav Benjamin David
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Être ou ne pas être
La question est merveilleuse et la réponse est: je ne sais pas, car seul un homme de loi répondra à cette question. La seule chose dont il faut se rappeler, c'est que parfois nous sommes appelés à l'humilité… car parfois la réalité vient nous enseigner la vérité… car les découvertes scientifiques viennent souvent approfondir notre regard sur le secret de la vie. Par exemple, le véritable but de la vie n'est-il pas de donner ? Le don imposé a-t-il une valeur ?
Est-il permis de créer un être humain dans le but de soigner ? Y a-t-il un but plus élevé que de sauver une vie humaine ? Comment Hashem a-t-Il donné cette possibilité si elle est si interdite ?
N'est- ce pas une étape vers une création in vivo à partir de l'être malade lui- même ? La seule chose que je sais, c'est que la conscience de l'enfant- médicament, la conscience des parents et celle des médecins, risquent de donner beaucoup de travail à mes confrères…
Dr. Michael Aboulafia