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14 Sivan 5772 - lundi 04 juin 2012
Le phénomène du célibat tardif est de plus en plus important dans les milieux religieux. La séparation des filles et des garçons dans tous les domaines de la vie (mouvements de jeunesse, tables dans les soirées, écoles, etc.) serait-elle un frein pour trouver l'âme sœur?
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Je ne suis pas sûr que le célibat tardif soit de plus en plus important dans les milieux religieux. Tardif par rapport à quoi ? Pendant longtemps, la nuptialité était placée, dans tous les milieux, sous le signe de : « Termine tes études ! (ou : Gagne ta vie !), et tu te marieras après. », et il était exceptionnel que les hommes convolent avant l’âge de 25 à 30 ans. Pendant longtemps également, les enfants connaissaient parfois leurs grands-parents, jamais leurs arrière-grands-parents. Et il n’est pas rare aujourd’hui, surtout dans les milieux religieux, que des arrière-arrière-grands-parents fassent la connaissance de leurs arrière-arrière-petits-enfants.
Cette coexistence de cinq générations successives signifie nécessairement une succession de mariages à l’âge de dix-sept à dix-huit ans, au moins pour les femmes, et donc à des âges légèrement supérieurs pour les hommes.
Jacques KOHN.
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Non!
Ce phénomène est entre autre la conséquence d’une culture occidentale orientée vers l’individualisme exagéré, la recherche de bonheur et satisfactions personnels, qui, qu’on le reconnaisse ou non, perturbent les célibataires comme les couples mariés. C’est toute la société moderne qui tremble devant ce phénomène, remettant en question les vrais buts du mariage.
Trop souvent la recherche identitaire est tâtonnement au sein du monde du bien-être personnel omettant celui de l’altruisme comme me décrit cette jeune fille venue en consultation qui cherche: « Quelqu'un qui lui plaît physiquement, psychologiquement et spirituellement, un partenaire pour sa réalisation personnelle.» Mais où est l’Autre? Où est le couple ? Où est le don? L’altruisme?
Il y a aussi beaucoup d’appréhensions puisque nos jeunes voient de nombreux couples en crises. Il faut savoir que le bonheur conjugal est le fruit d’un investissement personnel intensif, plus que le fruit du bon choix. Cet épanouissement achemine l’être vers la connaissance de l’Autre, vers la connaissance d’Hachem…
Des phénomènes psychologiques très complexes entremêlent les cœurs des célibataires : « Il est aussi difficile de former un couple que de diviser la mer rouge. » (Rabba bar Hana, au nom de Rabbi Yohanan).
De plus, les jeunes appréhendent souvent les Shidouhim, qu’ils trouvent artificiels et impersonnels, surtout quand une précédente histoire n'est pas cicatrisée pas dans leur cœur.
Esther Horgen
Conseil Conjugal
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mob.: 054 9981380
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Ah qu’elle était belle l’époque où l’on se rencontrait spontanément !
La séparation garçons-filles implique le passage obligatoire par « l’intermédiaire » : celui qui sait qui est bon pour qui.
La société de consommation, nous propose du prêt-à-porter, du prêt-à-manger, du prêt-à-penser: nous utilisons et remplaçons.
Pour éviter ce piège, le milieu religieux tente de s’adapter comme il peut. Les célibataires demandent alors à quelqu’un de « choisir pour eux ».
Ou est la notion d’ « hishtadlout » (effort), la notion d’ « engagement » ?
Serait-ce de monter un projet "rencontre" comme on monterait un dossier bancaire ou un plan de maison ? Est-ce alors une histoire d’amour que l’on bâtit ou un contrat d’affaire ?
Et pourtant, y avait-il autrefois plus de divorces ? Plus de femmes malheureuses ? L’association « homme battus » existait-elle déjà ?
Il est vrai que les hommes étaient peut-être plus masculins et les femmes davantage féminines que féministes….
Au fait Avraham, cette soirée - rencontre on leur organise quand ?
Aviva Azan
Décodage Thérapeutique et Coaching
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Réponse Rav Elyakim Levanon
Rav Moetsa ezorit Shomron
Je pense, au contraire, que la mixité est une des raisons qui conduisent au célibat tardif. Un jeune homme ou une jeune fille doit se construire seul, dans un premier temps. Jusqu'à l'age de 17 ou 18 ans, la mixité nuit au développement de l'individu. La séparation entre les filles et les garçons est saine et nous fait du bien.
Si nous sommes confrontés au phénomène de célibat tardif, c'est pour d'autres raisons, comme la peur des responsabilités ou le manque de confiance en autrui.
Nous devons œuvrer pour remédier à ces doutes et ainsi apporter des solutions au phénomène que vous évoquez.
Rav Haïm Amsellem
Député parti Shass
Les raisons pour lesquelles les garçons et les filles se marient plus tard tient à l'idée selon laquelle il faut prendre son temps pour vérifier que la
personne convient effectivement. On s'imagine que plus on connaît la personne, plus on a de chances de réussir son couple.
Nos Sages nous enseignent : « C'est H' qui donne à chacun sa chacune ». Hachem forme les couples et souvent d'une manière qui ne nous paraît pas logique. Mais il va s'avérer, contrairement à ce que l'on aurait pu penser, que ces couples sont solides et heureux.
Il est évident que le mariage nécessite de prendre des renseignements et de vérifier certains éléments au préalable. Mais ne perdons pas de vue que tout est une question de prière et de confiance en D'.
La séparation entre garçons et filles n'est pas un frein aux rencontres, bien au contraire. La pression qui existe dans les groupes mixtes conduit, bien souvent, à des échecs.
Nos Sages insistent sur le fait que nous devons trouver le juste milieu : dans le cadre de la hala'ha nous devons faire attention à interdire ce qui est interdit mais aussi à autoriser ce qui est permis, y compris lorsqu'il s'agit de séparer les filles des garçons.